Lorsqu’on choisit de s’engager dans une reconversion professionnelle après une carrière dans l’enseignement, en général, cela fait plusieurs années que l’on pense à changer de métier.
L’envie de se reconvertir n’arrive pas par hasard.
Elle se murit, se renforce au fil des expériences (désagréables en général) vécues en tant qu’enseignante.
C’est comme si chaque année, notre niveau de tolérance diminuait face aux inconvénients de plus de plus présents dans ce métier.
Alors il suffit d’une goutte.
De la goutte de trop.
Pour faire déborder le vase.
Et vraiment envisager plus sérieusement la reconversion, l’évolution professionnelle.
Le déclic nous poussant à passer à l’action peut être la nouvelle réforme tellement éloignée de nos besoins sur le terrain.
Mais aussi une discussion avec un collègue, un parent d’élève.
Un message fort du corps que l’on ne peut plus ignorer : douleur, maladie, burn-out …
Avant d’envisager une reconversion, il y a, pour beaucoup d’enseignantes, la phase d’adaptation voire de suradaptation au système.
On tente de changer de niveau de classe, de participer aux mutations pour changer de lieu d’exercice, d’enseigner sur des postes spécifiques (…).
De l’extérieur, nous tentons de changer les choses.
Mais intérieurement, rien ne change.
La flamme s’éteint à petit feu.
Le malaise s’amplifie.
Le vide.
La perte de motivation.
Ce sentiment d’être perdue.
Que faire ?
Moi qui suis enseignante depuis toujours.
Moi qui pensais pouvoir terminer ma carrière professionnelle en tant que professeure.
Je ne sais rien faire d’autre.
Il est trop tard maintenant pour me lancer dans une autre voie.
Et puis, en tant qu’enseignante en France, on ne cesse de te faire comprendre que tu n’en fais jamais assez.
Même si tu te tues à la tâche et que chaque semaine tu travailles plus de 50h (dont la majorité sont invisibles pour le public), on te fait culpabiliser.
Avec toutes les vacances que tu as, tu n’as pas à te plaindre !
Il faudrait aussi plus de projets, plus de réunions entre enseignants, plus d’heures de réflexion … !
Et quand tu es malade ou que tu dois garder ton enfant malade, c’est le “Ah madame ! ça va être compliqué de vous remplacer !” culpabilisateur que tu te prends en pleine face.
En résumé, un manque cruel de reconnaissance pour tous les efforts et le travail fourni.
Reconnaissance dont chaque être humain a besoin pour nourrir l’estime de soi.
Besoin que les autres nous voient et considèrent notre existence.
Alors je te le dis.
Il est normal d’avoir une confiance en toi qui s’étiole au fur et à mesure que les années passent et que tu ne te sens plus à ta place en tant qu’enseignante.
Néanmoins, dans un projet de reconversion, la reconnexion à cette confiance en soi perdue est fondamentale dès le début du projet.
Pourquoi ?
Car reconnecter à ta confiance, c’est rétablir le lien avec toi-même et activer ta sécurité intérieure.
Si tu ne te sens pas en sécurité intérieurement, tu ne te sentiras jamais en sécurité extérieurement.
Développer cette capacité d’avancer sereinement et en paix avec son choix vers une nouvelle vie professionnelle est primordial.
Certains te diront qu’en passant à l’action, la confiance en soi reviendra.
C’est en partie vrai.
Mais le résultat d’une action impulsée dans un état interne d’insécurité ne sera jamais le même que lorsque l’action sera effectuée en se sentant intérieurement en sécurité.
Je le perçois chaque semaine dans mes accompagnements et dans les expériences vécues par les enseignantes post-accompagnement.
Il est pour moi fondamental _dans les accompagnements longs_, de vous aider à reconnecter à cette confiance en vous.
C’est la base même dans laquelle pourra se développer votre projet professionnel mais aussi tous vos projets de vie.
Car c’est aussi dans cet état de sécurité et de confiance que vous prendrez les meilleures décisions pour votre avenir.
C’est dans cet état que vous parviendrez à avoir la clarté mentale nécessaire au développement de votre projet de reconversion.
Alors, voyons maintenant concrètement comment s’entraîner à activer, chaque jour, ce sentiment de sécurité intérieure ?
Ces conseils sont très simples mais malheureusement trop peu appliqués quotidiennement.
– Avoir une respiration ventrale lente (cf les exercices de cohérence cardiaque)
– Rire naturellement ou bien se forcer (les effets sur le cerveau et le corps sont les mêmes)
– Passer du temps au contact de la nature
– Faire des activités qui vous mettent en joie, qui vous font du bien (celles que l’on délaisse trop souvent, pensant qu’elles ne servent à rien)
– Balancer doucement son corps d’avant en arrière, s’étirer.
– Sentir une odeur naturelle qui vous est agréable (huile essentielle par exemple)
Lorsque j’étais enseignante, j’intégrais plusieurs de ces activités dans mon quotidien.
Je faisais pratiquer à mes élèves la cohérence cardiaque afin de les apaiser, lorsque je sentais qu’il y a avait de l’agitation dans l’air ! Et je la pratiquais avec eux.
Lors des séances de sport, je m’étirais pour leur montrer l’exemple mais aussi en prenant conscience des mouvements de mon corps.
Lors de la pause méridienne, je sortais me balader près de l’école, où il y avait de beaux arbres. Parfois j’écoutais un podcast, je lisais un livre (sur des sujets ne concernant pas mon métier d’enseignante).
Au début, cela n’a pas été facile car il y a toujours à faire quand on est prof.
J’ai dû me forcer à vivre ces moments qui me faisaient du bien.
Très vite, je me suis rendu compte que j’étais plus efficace dans mon travail (corrections et préparation de la classe plus rapides) et que cela me permettait de dégager du temps pour créer pour projet de reconversion.
Alors commencez dès aujourd’hui à vous reconnecter à votre confiance en vous.
Cela vous aidera grandement dans votre projet de reconversion.





