Changer de voie professionnelle après avoir enseigné pendant plusieurs années est un véritable défi. La reconversion ne se résume pas à “trouver un autre travail” : c’est un processus profond, qui demande de se questionner, de se réinventer et d’oser franchir le pas.
Pourtant, de nombreuses enseignantes tombent dans certains pièges qui ralentissent, compliquent, voire bloquent leur transition.
Je suis moi-même tombée dans certains d’entre eux.
Voici les 5 erreurs les plus fréquentes que j’observe chez les enseignantes en reconversion… et comment les éviter.
1. Vouloir se précipiter et trouver “tout de suite” un nouveau métier
Après des années de souffrance, il est normal de vouloir tourner la page rapidement. Beaucoup d’enseignantes veulent alors trouver une alternative immédiate, souvent par peur de l’incertitude. La souffrance est parfois telle qu’il devient urgent de la quitter, de la fuir. Mais cette précipitation mène souvent à un nouveau choix par défaut, qui ne correspond pas davantage à leurs besoins profonds.
Beaucoup quittent le système sans aucun projet. C’est un choix, parfois pas.
L’idéal étant de bien maturer son projet et de prendre le temps de le créer.
Votre projet professionnel devrait être au service de votre projet de vie et non l’inverse.
Comment éviter cette erreur ?
Prendre le temps de l’introspection est essentiel. Identifier ses valeurs, ses envies, ses forces et ses besoins de vie avant de se lancer dans une nouvelle voie permet d’éviter de reproduire les mêmes erreurs et de, une nouvelle fois, devoir s’adapter à son nouveau projet.
2. Penser qu’elles n’ont “aucune compétence utile ailleurs”
C’est l’une des croyances les plus répandues : beaucoup d’enseignantes pensent que leurs compétences ne sont valables qu’à l’école.
En réalité, l’enseignement développe des atouts précieux : pédagogie, organisation, gestion de groupe, communication, créativité, capacité d’adaptation… autant de qualités recherchées dans de nombreux métiers.
Comment éviter cette erreur ?
Lister ses expériences et traduire son savoir-faire avec un vocabulaire compréhensible par d’autres secteurs. Ce travail redonne confiance et ouvre des perspectives inattendues. Je conseille aussi de regarder les postes (offres d’emploi) qui nous attirent et d’observer les compétences requises. Il est probable que vous ayez déjà de nombreuses compétences. Même si parfois vous devrez en développer de nouvelles via une formation ou une nouvelle expérience.
3. Rester seule avec ses doutes et ses questionnements
Par peur d’être jugées, beaucoup d’enseignantes gardent leur projet secret et avancent seules. Résultat : elles tournent en rond, perdent confiance et peinent à se projeter.
Comment éviter cette erreur ?
S’entourer est clé : échanger avec d’autres enseignantes en reconversion, rejoindre un groupe de soutien, se faire accompagner par une coach spécialisée qui nous comprend et nous écoute. La co-régulation et le partage d’expériences apportent un soulagement et de la clarté.
Seule, impossible de percevoir les angles morts et ce parfois ce qui bloque.
4. Sous-estimer l’impact émotionnel de la reconversion
Quitter l’Éducation nationale, ce n’est pas seulement changer de métier : c’est laisser derrière soi une identité, une mission, une sécurité. Cela suscite souvent peur, culpabilité, tristesse ou colère.
Ignorer ces émotions peut bloquer l’avancée du projet.
Un projet de reconversion est à l’image d’une expérience de vie.
Il y a des hauts et des bas à gérer pour tout le monde.
Apprendre à ne pas rester trop longtemps dans les “bas” est important afin de préserver son énergie et sa motivation.
Comment éviter cette erreur ?
Accueillir ce que l’on ressent fait partie intégrante du processus. Prendre soin de soi, travailler sur la confiance et la sécurité intérieure, et avancer par petites étapes permet de traverser ces émotions sans s’y perdre.
5. Vouloir tout faire seule, sans méthode ni plan
Certaines enseignantes se lancent dans leur reconversion comme dans une improvisation permanente : recherches au hasard, candidatures éparpillées, idées floues… Cela génère beaucoup de stress et peu de résultats.
C’est même parfois de la procrastination active.
On passe à l’action car cela nous rassure mais au fond, les actions posées ne sont pas forcément les plus pertinentes.
Comment éviter cette erreur ?
Suivre une méthode claire, étape par étape, aide à garder le cap : sécurisation intérieure, exploration de soi, ouverture des possibles, choix éclairé, mise en action. Avec un cadre, le chemin devient plus fluide et rassurant.
La reconversion, quand on est enseignante est un chemin exigeant, mais aussi une formidable opportunité de renaissance. Éviter ces erreurs fréquentes permet de gagner en clarté, en confiance et en efficacité.
Se donner le temps, reconnaître ses compétences, s’entourer, accueillir ses émotions et avancer avec méthode sont les clés pour transformer ce défi en une véritable opportunité de vie alignée.





