Quand j’ai débuté dans l’enseignement, j’avais 21 ans.
Pas de mari.
Pas d’enfant.
Je passais mes soirées et mes fins de semaine à préparer la classe, faire les corrections, m’avancer …
Je pensais H24 à mes élèves.
Lors d’un voyage au Maroc, une enseignante en école française m’avait dit :
“Stéphanie, je vois que tu es passionnée. Fais attention à ne pas t’enfermer dans ce métier.”
Puis lors d’une visite de classe, c’était au tour d’une conseillère pédagogique de me dire :
“Stéphanie, tu es à la limite du burn-out!”
À ce moment-là, j’étais alors dans le déni.
Je pensais qu’elle se trompait.
J’ai mis du temps à comprendre qu’elle avait raison.
Des années plus tard, je suis devenue maman.
Je ne pouvais plus continuer à être aussi impliquée dans ma vie professionnelle.
Ma fille devenait ma priorité.
Je n’avais plus ni l’envie ni la force de passer autant de temps à préparer la classe.
J’avais l’impression de perdre mon temps dans des réunions inutiles et sans fin.
Travaillant à temps plein, mon regard fixait l’horloge de la classe 100 fois par jour !
J’avais juste envie que la journée se termine et de serrer ma fille dans les bras.
Durant notre vie, nous sommes destinés à vivre toute une palette diverse et variée d’expériences.
C’est à travers celles-ci qui nous évoluons
Lorsque nous devenons enseignante, nous avons des motivations, des valeurs qui nous ont amené à vouloir expérimenter cette voie professionnelle.
Au fur à mesure des années, notre système de valeurs évolue.
Nous n’avons plus envie de la même chose.
Avoir un enfant est un déclic pour beaucoup d’enseignante.
C’est une nouvelle réalité les confrontant à la difficulté que l’on peut trouver dans l’exercice de ce métier.
À savoir, concilier et équilibrer vie personnelle et vie professionnelle.
Être enseignante et être maman demande du temps, de l’engagement, de l’énergie au quotidien.
Quand on commence à se dire qu’on préfèrerait passer plus de temps avec ses enfants qu’avec ceux des autres (aussi magnifiques et sympathiques soient-ils), c’est qu’un rééquilibrage a besoin d’être trouvé.
C’est que nos valeurs principales ne sont pas assez nourries.
Et si devenir maman ouvrait un nouveau chemin ?
La maternité peut devenir un révélateur : elle rappelle ce qui compte vraiment, met en lumière les valeurs essentielles et les envies profondes. Certaines enseignantes choisiront de rééquilibrer leur temps de travail, d’autres d’explorer de nouvelles voies professionnelles plus compatibles avec leur vie de famille.
Parfois, on peut se dire qu’en ayant des enfants en bas-âge ce n’est pas le meilleur moment pour préparer une reconversion.
Selon moi, le meilleur moment est celui que tu vas choisir.
Lorsque je préparais mon projet de reconversion, mon fils n’était pas encore à l’école et ma fille était en maternelle.
La semaine, j’étais seule (dans le sud) avec eux car mon mari travaillait à Paris.
Je travaillais à temps complet.
Mais mon projet m’a donné la motivation et l’énergie nécessaire pour avancer.
Mes enfants ont été le moteur de ma réussite et non une excuse m’empêchant d’avancer.
Avoir envie de changer de métier parce qu’on devient maman, c’est l’occasion de définir ses priorités et de trouver un nouvel équilibre.
Ce n’est pas abandonner son métier ou sa passion pour enseigner.
C’est se donner la permission de remettre de la justesse dans sa vie :
- Se préserver pour avoir l’énergie d’être disponible,
- Dire non à certaines charges invisibles,
- Explorer des pistes de travail plus alignées avec ses nouvelles valeurs,
- Oser se faire accompagner pour clarifier ce qui est juste pour soi.





